Il y a des étapes qu’on prépare pendant des mois, et d’autres qui s’imposent presque d’elles-mêmes. Bangkok faisait partie de la seconde catégorie. On avait devant nous une semaine un peu flottante, sans rien d’arrêté, à hésiter entre filer directement vers l’Indonésie ou s’offrir encore quelques jours aux Philippines. Et puis on a réalisé que c’était la période de la Pride de Bangkok. On a toujours rêvé de vivre une marche des fiertés en Asie, alors on n’a pas réfléchi bien longtemps. On a réajusté notre itinéraire et posé nos sacs une semaine dans la capitale thaïlandaise.
Quel bonheur de s’y retrouver. On aime profondément la Thaïlande, et après autant de semaines sur des petites îles, retrouver une grande ville nous a fait un bien fou. Le confort d’une métropole, les transports à toute heure, les cafés, l’énergie permanente, tout cela nous avait presque manqué.
On en a profité pour explorer. On a flâné sur Song Wat, cette rue artistique coincée entre Chinatown et le Grand Palais, un quartier d’anciens entrepôts reconvertis en cafés et en galeries, avec du street art partout et une ambiance vraiment cool. On est aussi passés au parc Lumphini observer les gros varans qui se prélassent au bord de l’eau, toujours aussi surréaliste en plein centre-ville. Et on a enfin pu voir le Big Buddha, ce grand bouddha qu’on n’avait pas pu admirer quelques années plus tôt parce qu’il était en rénovation, et qui se dresse aujourd’hui au-dessus de la ville, vraiment impressionnant. Côté food, une soirée sur Banthat Thong Road, devenue le repaire des gourmands, nous a régalés, avec ses stands à perte de vue, ses odeurs partout et cette énergie un peu étudiante qui donne envie de tout goûter.
Et puis il y a eu le dimanche de la marche des fiertés. La matinée a été noyée sous la pluie, et on a cru un moment que tout tomberait à l’eau. Mais dès que les nuages se sont calmés, la fête a explosé. Les couleurs, la musique, cette foule qui prend la rue et ne la lâche plus, on a vécu ça avec une émotion qu’on n’avait pas anticipée.
On a aussi passé énormément de soirées dans le quartier gay, du côté de Silom, et plus précisément dans Silom Soi 2 et Silom Soi 4. C’est là qu’on a rencontré le plus de monde, et c’est sans doute ce qui nous a le plus touchés. Des gens venus de partout, parfois de pays où on ne les imaginait pas, d’Arabie saoudite, de Russie, de Chine, tous réunis pour célébrer librement. On est rentrés presque chaque nuit vers quatre heures du matin, épuisés et le coeur plein.
On a aussi enfin testé les scooters Grab, ces motos-taxis qu’on commande depuis l’application. On en avait toujours eu envie sans jamais avoir l’occasion de le faire, alors cette fois on en a bien profité. Il y a un vrai sentiment de liberté à filer comme ça à travers la ville, même si on voit sa vie défiler plusieurs fois tant ils conduisent n’importe comment. Et au fond, rien ne va plus vite dans les embouteillages de Bangkok.
On a terminé la semaine par une soirée de combats de Muay Thai au mythique stade Rajadamnern, et ça a été assez spectaculaire. Qu’on soit amateur de ce sport ou pas, ça reste avant tout un show, avec ses animations et ses effets de lumière à 360 degrés qui mettent vraiment dans l’ambiance.
On était venus à Bangkok un peu par hasard, sans trop savoir ce qu’on cherchait. On en est repartis avec le sentiment d’avoir vécu l’un des moments les plus forts de notre année de voyage.